Printemps pourri, printemps devant l'ordi !
J'ai mis à profit les longues journées sans soleil pour apprivoiser le logiciel d'édition vidéo de windows et voilà: j'ai coupé, collé, ralenti, ajouté des photos, du texte, de la musique et ça donne 17 minutes inoubliables.
Bon, vous allez sans doute trouver le début un peu long vu que à la Tête d'Armancette et à l'Aiguillette des Houches j'étais tout seul, du coup c'est un peu monotone (en + y avait un peu de brouillard !). Et puis j'ai pas pu m'empêcher, en bande son, j'ai mis les Bronzés !!! Ben ouai !!! En matière de film de ski, c'est quand même une référence !!!
Bon, mais après, Seb arrive et le fait de l'avoir à l'image, ça donne un peu de rythme. Et au Buet, c'était de la super poudre, sous le soleil (mais -18° quand même) donc les images sont vraiment belles.
Idem pour la Roche Parstire (c'est court). Et ensuite, l'autre gros morceau, c'est le glacier de Bionnassay avec Jérôme et Jean Louis, vraiment un régal.
Bon voilà, vous pouvez visionner en plein écran, l'image est un peu moins bonne, mais avec un peu de recul, ça va pas trop mal.
Je l'ai mise sur Dailymotion, comme d'habitude
mais aussi sur Zapiks
C'est un peu con je sais, de toutes façons c'est exactement la même vidéo des 2 côtés !!
Mais si ça fonctionnait mal sur un serveur, vous pouvez utiliser l'autre !
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lundi 11 juin 2012
vendredi 11 mai 2012
Grands espaces à la Punta Calabre
Deux jours de beau temps au milieu de ce printemps pourri, ça ne se manque pas ! Après la période de foehn et les températures élevées de ces derniers jours, il faut monter haut pour trouver la neige. Même à Chamonix, ce n'est pas évident, car si l'on peut toujours utiliser les téléphériques, le retour en vallée pose problème, car le train du Montenvers est fermé jusqu'à nouvel ordre. De plus, le bas des glaciers (Mer de Glace et Argentière) commence à être moche. Je repense aux sommets qu'on avait alors l'habitude de faire avec Seb à cette période de l'année: l'Aiguille des Glaciers: la route des Chapieux n'est pas encore déneigée. La Tsanteleina, du côté de Val d'Isère: parking à plus de 2000 m, c'est le bon plan. On a déjà fait la face Nord 2 fois, et le côté sud 1 fois. J'innove: comme c'est assez loin de Passy, autant y aller pour un itinéraire neuf et joli si possible: une traversée depuis le Fornet (quelques kilomètres au-dessus de Val d'Isère) jusqu'au barrage du Saut (au-dessus du lac de Tignes), en passant par l'Italie, soit 2 cols et un sommet au programme.
Je pars la veille de Passy: je compte dormir dans le fourgon au parking du Saut, au pied de la Grande Sassière. Sur place, c'est la déception: la route est encore fermée par arrêté municipal du maire de Tignes, Olivier Zaragoza, qui a bien raison de se couvrir, car l'horizon pourrait bien être prochainement un peu plus gris pour lui. Le tribunal d'Albertville a en effet requis l'hiver dernier 6 mois de prison contre ce monsieur ! (pour prise illégale d'intérêts).
La barrière m'oblige à me garer dans la 1ère épingle, à 1940 m d'altitude, alors que le parking se trouve à 2280 m, soit 340 m que nous serons obligés de descendre le lendemain en grande partie à pied, sur un goudron parfaitement sec et déneigé. Cette fermeture est d'autant plus incroyable que les petits 4x4 (style Fiat Panda) peuvent aisément contourner la barrière, en passant sur le bas-côté, et monter ainsi jusqu'au bout de la route.
Un peu dépité, je ne me laisse pas abattre pour autant: je sors le réchaud et me prépare un bon plat de pâtes. En guise de promenade digestive, je vais voir plus haut si la neige est présente: relative bonne nouvelle: on pourra descendre en skis (moyennant de nombreux déchaussages) jusqu'à 2110 m !
Le jour J, à 5h15 Seb passe me prendre, et nous emmène à Val d'Isère. En l'espace de quelques kilomètres, la température baisse subitement de 11° à 6° ! Au Fornet, à 5h45, l'employé du conseil général est déjà en train de déneiger la route. On estime qu'en 10-15 minutes la route peut être ouverte et qu'on pourra alors s'économiser les 2 km à pied jusqu'au Pont St Charles. Aussi, nous nous préparons piano-piano.
Erreur, 400 m plus loin, la route est à nouveau recouverte de 30 cm de neige, sur 200 m environ. Ce n'est pas de la neige fraîche qui vient de tomber, c'est de la neige de névé, regelée et dure, et le bull en aura encore pour un bon moment. Enfin bon, on a toujours gagné 400 m !
Attention, pour une bonne compréhension des lieux, il faut savoir que les noms des sommets frontaliers ne correspondent pas sur les cartes françaises et italiennes: La Punta Calabre est la Pointe de Bazel et la Pointe de Calabre est le Roc del Fond !
Les skis sur le sac, nous remontons donc la route, puis le sentier, et enfin nous prenons pied sur la neige à 2200 m, peu après la bifurcation avec le sentier des gorges de Malpasset, qui conduit au refuge de Prariond. La neige est "mi-dure mi-molle", idéale pour progresser à pied: on enfonce juste ce qu'il faut pour se sentir en confiance, et ne pas trop se fatiguer. La langue de neige n'est pas très large, et à skis, cela nous obligerait à multiplier les conversions !
A 8h20 nous arrivons au replat du Tenn de Rhêmes (2670 m), où nous chaussons les skis, au soleil !
A partir de là, la féerie commence: le paysage s'ouvre et les hauts sommets glaciaires se découvrent. Nous longeons la paroi S-E de la Pointe de Bazel.
Nous poursuivons notre route, sous la Pointe de Calabre:
Je pars la veille de Passy: je compte dormir dans le fourgon au parking du Saut, au pied de la Grande Sassière. Sur place, c'est la déception: la route est encore fermée par arrêté municipal du maire de Tignes, Olivier Zaragoza, qui a bien raison de se couvrir, car l'horizon pourrait bien être prochainement un peu plus gris pour lui. Le tribunal d'Albertville a en effet requis l'hiver dernier 6 mois de prison contre ce monsieur ! (pour prise illégale d'intérêts).
La barrière m'oblige à me garer dans la 1ère épingle, à 1940 m d'altitude, alors que le parking se trouve à 2280 m, soit 340 m que nous serons obligés de descendre le lendemain en grande partie à pied, sur un goudron parfaitement sec et déneigé. Cette fermeture est d'autant plus incroyable que les petits 4x4 (style Fiat Panda) peuvent aisément contourner la barrière, en passant sur le bas-côté, et monter ainsi jusqu'au bout de la route.
Un peu dépité, je ne me laisse pas abattre pour autant: je sors le réchaud et me prépare un bon plat de pâtes. En guise de promenade digestive, je vais voir plus haut si la neige est présente: relative bonne nouvelle: on pourra descendre en skis (moyennant de nombreux déchaussages) jusqu'à 2110 m !
Le jour J, à 5h15 Seb passe me prendre, et nous emmène à Val d'Isère. En l'espace de quelques kilomètres, la température baisse subitement de 11° à 6° ! Au Fornet, à 5h45, l'employé du conseil général est déjà en train de déneiger la route. On estime qu'en 10-15 minutes la route peut être ouverte et qu'on pourra alors s'économiser les 2 km à pied jusqu'au Pont St Charles. Aussi, nous nous préparons piano-piano.
Erreur, 400 m plus loin, la route est à nouveau recouverte de 30 cm de neige, sur 200 m environ. Ce n'est pas de la neige fraîche qui vient de tomber, c'est de la neige de névé, regelée et dure, et le bull en aura encore pour un bon moment. Enfin bon, on a toujours gagné 400 m !
Attention, pour une bonne compréhension des lieux, il faut savoir que les noms des sommets frontaliers ne correspondent pas sur les cartes françaises et italiennes: La Punta Calabre est la Pointe de Bazel et la Pointe de Calabre est le Roc del Fond !
Les skis sur le sac, nous remontons donc la route, puis le sentier, et enfin nous prenons pied sur la neige à 2200 m, peu après la bifurcation avec le sentier des gorges de Malpasset, qui conduit au refuge de Prariond. La neige est "mi-dure mi-molle", idéale pour progresser à pied: on enfonce juste ce qu'il faut pour se sentir en confiance, et ne pas trop se fatiguer. La langue de neige n'est pas très large, et à skis, cela nous obligerait à multiplier les conversions !
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| Seb au galop dans la pente des Cavales ! |
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| Nous allons monter à gauche, sous la Pointe de Calabre |
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| Cimes de La Vache, d'Oin, Grande Aiguille Rousse, Gros Caval entourent le glacier des sources de l'Isère |
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| La face N-E de la Grande Aiguille Rousse |
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| Seb joue au trappeur et suit la piste d'un animal |
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| Sur le glacier de Rhêmes-Calabre |
9h30: Arrivée au col, à 3074 m. Toujours le même émerveillement: c'est un col large et "rond", qui laisse découvrir le paysage qui se trouve de l'autre côté petit à petit: d'abord un sommet, puis un bout d'arête se dessine, et enfin c'est tout une montagne qui est là, de l'autre côté du glacier: la Granta Parei.
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| Ghiacciaio di Soches et Granta Parei |
Bien sûr, de l'autre côté du col, ça descend ! Mais il n'y a qu'à se laisser glisser sur 50 m avant de reprendre l'ascension jusqu'au sommet de la Pointe de Bazel. Nous gardons donc les peaux de phoque.
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| Nous laissons derrière nous la Pointe de Calabre. |
Ensuite c'est le grand désert blanc. Ce glacier décrit une grande courbe, et à l'endroit où il est le plus large, il y a 1,2 km entre le pied de la face Est de la Tsanteleina en rive gauche et le bord du glacier en rive droite. Nous n'avons rencontré qu'une seule personne, un gars tout seul qui avait passé la nuit au refuge Benevolo avant d'aller à la Pointe de Bazel dont il descendait pendant que nous y montions.
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| Une belle crevasse, sous le sommet |
Le sommet (3445 m) est atteint vers 10h45. Tour d'horizon (incomplet bien sûr !):
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| Face Est de la Tsanteleina |
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| Le Val de Rhêmes et le Grand Combin tout au fond. |
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| Le Cervin |
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| Le Grand Paradis |
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| Les Levanna et le Glacier des Sources de l'Isère |
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| Zoom sur les Levanna |
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| Face Nord de la Grande Ciamarella |
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| La Grande Motte (et les remontées mécaniques de Tignes), la Grande Casse, et l'Epéna |
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| Zoom sur la Grande Casse, la petite Face Nord semble bien enneigée |
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| Couart Dessus et Tsanteleina |
Nous devons franchir le plus tôt possible le col de la Tsanteleina car c'est une pente orientée à l'Est et le soleil chauffe très fort. Aussi, nous ne nous attardons pas au sommet: on enlève les peaux de phoque et on descend. Le souffle est encore un peu court et les cuisses brûlent, mais heureusement la neige est bien portante, un peu dure mais sans être verglacée, et les virages s'enchaînent sans effort.
Nous contournons la grosse crevasse par la droite, puis barre à babord toute pour passer au pied de la face Est de la Tsanteleina, jusqu'au col.
Descente résumée en 5 minutes de vidéo. Ne manquez pas la petite coulée qui se déclenche dans la paroi, à 3'57. C'est un bout de corniche qui s'effondre, ce n'est pas très gros et ça dure 3 secondes, pas plus !
Au col, nous avons à remonter une pente courte mais raide. La neige a déjà bien chauffée. Des purges se sont produites, sans doute la veille. Je grimpe le long d'une petite goulotte, formée par une de ces coulées, mais je m'enfonce jusqu'aux genoux et dans la partie la plus raide, je dois creuser une véritable tranchée, à grands coups de pieds et de genoux, et je me tracte sur le piolet et un bâton que je plante le plus profondément possible. La lutte est homérique (n'ayons pas peur des mots), j'ai parfois l'impression de nager plus que de grimper. Quelques mètres en dessous de moi, Seb est anxieux, nous sommes dans un véritable four et la neige est gorgée d'eau. Mais la pente est courte et je parviens à me hisser jusqu'aux rochers, quelques mètres sous le col. Seb me rejoint rapidement. Ce n'est pas encore gagné, mais au moins nous sommes sortis de la neige. La suite n'est pas difficile, mais le rocher est brûlant, et un peu délité. Je teste chaque prise avant de tirer dessus. C'est un peu long, mais je grimpe sereinement, et après une grosse suée de 30 minutes, nous sortons au col, au pied de la face Nord de la Tsanteleina:
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| Des plaques se sont formées et "auto-purgées" sous la corniche |
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| La Pointe de Bazel et notre itinéraire de descente sous la face Est de la Tsanteleina |
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| Même le haut de la face semble bien enneigé |
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| Splendide arête |
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| Pointes de Calabre et de Bazel, et au milieu, le col que nous avons franchi ce matin |
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| Et derrière le col de Rhêmes-Calabre: Les Levanna |
Après une telle débauche d'énergie, les sandwichs sont les bienvenus. La descente doit se poursuivre par des pentes orientées Ouest, où la neige doit donc se ramollir dans le courant de l'après midi. De plus il souffle un petit vent d'ouest qui à 3150 m, est assez vivifiant. Aussi décidons-nous de nous octroyer une petite sieste sur ces pierres toutes chaudes.
Je me réveille alors que je rêve à voix haute "Quel est l'imbécile qui a poussé la clim ?"
Il est 13h45, le petit vent frisquet souffle toujours. A 14h nous levons l'ancre, approximativement la même heure que lors de nos précédentes excursions dans la face Nord de la Tsanteleina (2008: Seb et moi).
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| La face Nord de la Tsanteleina dans toute sa largeur |
Seulement voilà, ce 11 mai 2012 est une journée chaude, il fait 29° à Bourg Saint Maurice, 30° à Albertville, la nuit dernière, le regel a été très médiocre, inexistant en-dessous de 2500 m, et la neige de surface est relativement récente puisque avant hier encore, il faisait mauvais temps, et il a plu relativement haut (à plus de 2000 m).
Dès la première pente, la neige manque de portance, et si à 3000 m elle n'est pas encore trop humidifiée, elle n'est pas très agréable à skier (ou pas autant qu'on l'espérait). Heureusement, les skis larges sauvent la mise, et la sieste a été très bénéfique pour les cuisses ce qui rend la descente assez plaisante tout de même. Du moins sur les 500 premiers mètres (jusqu'à 2600 m) car ensuite c'est de la glue !
Mais bon, à cette altitude la "vraie" descente est terminée car on arrive au chemin plat qui longe le lac de la Sassière: 800 m à pied. Ici c'est le paradis des chamois:
A 2460 m, on retrouve un peu de neige relativement glissante qui nous permet de perdre tranquillement encore un peu d'altitude, jusqu'à 2350 m. Et c'est ici que se produit l'évènement majeur de la journée, la rencontre attendue, espérée depuis longtemps. Nous l'avions déjà aperçu parfois, très haut dans le ciel, on se disait "vu son altitude et son envergure, ce doit être lui". Mais nous n'étions jamais bien certains, ce pouvait être un aigle. Mais là, aujourd'hui, il est venu nous dire bonjour ! Il nous a fait entendre le sifflement de l'air sous ses ailes immenses, on a vu ses plumes orangées sous le ventre, et carrément rouges autour du cou. Aujourd'hui, le gypaète nous a survolé "en rase-mottes" à moins de 10 mètres de hauteur ! Et comme il est passé plusieurs fois, j'ai eu le temps de dégainer. Mais pas de zoomer ! Je l'ai photographié au 30mm:
Nous voilà donc parvenus au Plan de la Sassière, qui comme son nom l'indique, est un long plat d'1,2 km. D'habitude, on pousse sur les bâtons et avec quelques "pas du patineur", en 5 minutes l'affaire est réglée. Oui mais aujourd'hui, il n'y a plus que quelques plaques de neige éparses. Seb choisit l'option ski et reste peu ou prou sur le chemin qui décrit une grande courbe à gauche. Je choisis l'option "aventurier" hors piste mixte: tout droit au plus court, tantôt skis aux pieds, tantôt skis à la main, franchissements du torrent ... résultat, j'arrive au barrage (et donc au parking) du Saut avec une courte avance ! Altitude 2280 m, nous "découvrons" que ça monte très bien en Fiat Panda, la route est dégagée. Il nous reste donc 340 m à descendre jusqu'au fourgon garé à 1945 m, nous en ferons 120 à skis, le reste (220 m) pedibus !
vendredi 30 mars 2012
Ski de printemps au Tondu
Cette fois ça y est vraiment, les conditions sont réellement printanières. Regel médiocre: seulement +2° au parking de Notre Dame de la Gorge à 1200 m, à 5h45. Il y a encore un peu de neige sur la voie Romaine mais au train où vont les choses, il n'y en a plus pour très longtemps. L'eau ruisselle partout, les quelques plaques de glace sont relativement "tendres", les peaux de phoque adhèrent bien, les énormes stalactites qui étaient collés au rocher se cassent la figure ... c'est la débâcle !!
La montée par le chemin et le long replat qui précède le refuge de Balme est longue et fastidieuse. Le glissement des skis sur la neige berce mon coeur d'une langueur monotone !!
A 8h30 j'arrive aux lacs Jovet et au chalet (2170m) non loin duquel nous avions dormi l'été dernier.
J'avale une poignée de fruits déshydratés et je repars, longe le second lac puis tourne à droite pour remonter une 1ère combe. A 2500 m, au pied du seul passage un peu "tendu", une traversée dans une pente un peu raide, au dessus de quelques rochers et d'une petite cascade de glace, je chausse les crampons afin d'être plus tranquille et d'assurer le coup. Je ne suis pas en retard, je prends mon temps.
Une fois l'obstacle négocié je remets les skis pour remonter une 2ème combe. Vers 2850 m, j'enfile à nouveau les crampons pour éviter de devoir faire de trop nombreuses conversions dans un passage plus étroit.
Il est 11h et le soleil vient enfin me réchauffer !
Puis je débouche sur l'arête, non loin de la pyramide Chaplan. Je repasse en "mode skis" pour gravir les 120 derniers mètres. J'arrive au Pain de Sucre du Tondu à 12h45. Sept heures d'ascension pour 1960 m de D+. Même pas 300 m/h, mais si on tient compte des 3 kilomètres de faux plat (500 m au départ car je me suis garé au grand parking, puis 1 km aux chalets de la Rollaz, encore 500 m aux chalets de Jovet et encore 1 km le long des lacs), et des 4 manips skis-crampons / crampons-skis, c'est relativement correct !
Le véritable sommet n'est que 30 m plus haut, mais, situé au bout d'une arête étroite et aérienne, il est inaccessible pour moi. Je m'arrête donc au Pain de Sucre où l'arrivée vaut son pesant de cacahuètes. Vue à 360° sur la "moyenne montagne" du Beaufortain à l'Ouest, et sur le début du massif du Mt Blanc à l'Est: Dômes de Miage, Tré la Tête, Aiguille des Glaciers, 3 sommets où j'ai déjà posé les pieds ... et tout au fond, le Mt Blanc.
La montée par le chemin et le long replat qui précède le refuge de Balme est longue et fastidieuse. Le glissement des skis sur la neige berce mon coeur d'une langueur monotone !!
A 8h30 j'arrive aux lacs Jovet et au chalet (2170m) non loin duquel nous avions dormi l'été dernier.
J'avale une poignée de fruits déshydratés et je repars, longe le second lac puis tourne à droite pour remonter une 1ère combe. A 2500 m, au pied du seul passage un peu "tendu", une traversée dans une pente un peu raide, au dessus de quelques rochers et d'une petite cascade de glace, je chausse les crampons afin d'être plus tranquille et d'assurer le coup. Je ne suis pas en retard, je prends mon temps.
Une fois l'obstacle négocié je remets les skis pour remonter une 2ème combe. Vers 2850 m, j'enfile à nouveau les crampons pour éviter de devoir faire de trop nombreuses conversions dans un passage plus étroit.
Il est 11h et le soleil vient enfin me réchauffer !
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| 11h: dans la combe, l'ombre se retire et le soleil vient ramollir la neige. |
Le véritable sommet n'est que 30 m plus haut, mais, situé au bout d'une arête étroite et aérienne, il est inaccessible pour moi. Je m'arrête donc au Pain de Sucre où l'arrivée vaut son pesant de cacahuètes. Vue à 360° sur la "moyenne montagne" du Beaufortain à l'Ouest, et sur le début du massif du Mt Blanc à l'Est: Dômes de Miage, Tré la Tête, Aiguille des Glaciers, 3 sommets où j'ai déjà posé les pieds ... et tout au fond, le Mt Blanc.
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| Le Beaufortain, la combe de la Neuve et quelques uns des + hauts sommets de ce massif: Grand Fond 2920m, Combe Neuve 2961m, Roignais 2995m. |
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| Le Mt Pourri 3779m. |
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| Tout au fond à gauche le glacier de Gébroulaz |
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| Vue plongeante sur les lacs Jovet et le col du Bonhomme |
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| L'arête effilée qui mène au vrai sommet |
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| De l'autre côté: le glacier de Tré la Tête, le Mt Blanc, l'Aiguille des Glaciers |
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| A gauche Sallanches, Passy. A droite l'Italie, Courmayeur |
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| Le refuge Robert Blanc |
A 14h j'attaque la descente. Au début, sur l'arete, la neige est restée froide, damée par les nombreux passages, un peu ventée aussi, on dirait une piste rouge. Vers 3050m, je suis dans l'axe du Glacier du Tondu, qui descend sur celui de Tré la Tête.
J'aperçois le refuge des Conscrits dont les panneaux solaires brillent au soleil.
A partir du col je plonge dans le versant S-O. Sur le contrepentes S, en rive droite, la neige a bien dégelé, c'est une moquette à poils longs !
Là, pause, j'enlève la doudoune !
Ensuite, la 2ème partie débute par une portion facile en pente douce, qui plonge ensuite sur le passage étroit et exposé: 4 virages puis la traversée au dessus des rochers (passage franchi en crampons à la montée). Heureusement, la neige est bien ramollie, même si la pente est orientée un peu plus à l'ouest. Une rapide séquence photo:
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| Le passage expo, vu de profil |
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| Le même vu de face: "il ne faut pas s'en coller une !" |
Puis c'est reparti dans une pente comme je les aime, une fois le bon axe trouvé, avec une neige encore un peu dure mais pas trop. Ensuite, on dirait que je tourne en rond !! Pas du tout. Au départ, bien qu'attiré par un belle pente à gauche, j'ai l'impression que ça ne passe pas (barre rocheuse ? pente plongeante invisible), je remonte donc un peu vers la droite. En me retournant, je me rends compte, que si, en fait ça passe bien. Donc j'y vais ! Mais en marquant un appui sur le ski aval pour déclencher le 1er virage, je sens le talon du ski qui s'enfonce beaucoup trop. Je stoppe tout, me retourne, et effectivement, il y a un beau trou dans la neige. Finalement, je n'insiste pas d'avantage et retourne à ma 1ère idée: la pente de droite !
Ensuite, c'est une longue ligne droite (à quelques ondulations près !), jusqu'au parking !
dimanche 18 mars 2012
Circuit du soleil à l'Aiguille d'Argentière
Content, heureux, et satisfait d'avoir enfin réussi un splendide sommet en haute montagne (3902 m), par un itinéraire d'envergure (la montée du couloir en Y est coté II, AD dans les topos d'alpi) dans un cadre somptueux, avec les copains habituels, Seb et Jérôme, qui n'hésitent jamais à faire sonner leur réveil à des heures totalement folles et à parcourir de nombreux kilomètres en voiture le long des périlleuses gorges de l'Arly.
Pour situer et visualiser un peu tous les sommets observés pendant ces 2 jours, je ne saurais trop vous recommander cet excellent site: Toponymie au Pays du Mt Blanc.
- Ici pour la rive droite du glacier d'Argentière,
- Et là pour la rive gauche.
Et puis j'ajoute aussi un lien vers le blog de Guilhem Martin Saint Léon qui a fait de splendides photos de ce couloir en Y, en Avril 2011.
Pour situer et visualiser un peu tous les sommets observés pendant ces 2 jours, je ne saurais trop vous recommander cet excellent site: Toponymie au Pays du Mt Blanc.
- Ici pour la rive droite du glacier d'Argentière,
- Et là pour la rive gauche.
Et puis j'ajoute aussi un lien vers le blog de Guilhem Martin Saint Léon qui a fait de splendides photos de ce couloir en Y, en Avril 2011.
Ce jeudi 15/03, nous sommes les seuls, dans la cabine du téléphérique des Grands Montets, à porter piolets, baudriers et toute la quincaillerie du matériel de glacier. Hé oui, grâce à Jérôme qui s'est endormi hier en fin d'après midi, et s'est réveillé 5 minutes trop tard pour pouvoir aller récupérer ses skis au magasin de Chambéry où il les avait fait farter et affûter, en préparation pour ce périple en haute montagne, avec une pente de 45° à descendre, sur une neige qu'on espère bien dégelée et souple. Bref, donc Jérôme n'a pu reprendre ses skis que ce matin à l'ouverture à 9h, et nous sommes donc arrivés au parking d'Argentière avec 3h de retard sur l'horaire initialement prévu, c'est à dire vers 11h30. Ce n'est pas grave, Seb et moi avons pu faire une petite grasse matinée, et Jérôme a enfin pu se lever à une heure décente avant d'aller skier ! La balade que j'avais prévue jusqu'au fond du bassin d'Argentière, jusqu'au pied du Dolent, avant de monter au refuge, sera simplement remise à une date ultérieure.
Au sommet des pistes des Grands-Montets (3233 m), le sandwich dans la main gauche, les jumelles dans la main droite, nous discutons de la descente du lendemain, par le glacier du Milieu: "il est 13h15 et le goulet vient à peine de passer au soleil ... Je vois un groupe en train de descendre ... Il faudrait qu'on puisse les croiser en bas sur le glacier d'Argentière pour leur demander comment est la neige". En me relevant, je me cogne la tête dans le panneau qui indique 'Piste Noire', heureusement, j'ai déjà mis le casque ! C'est dangereux ces pistes de ski, on se croit en sécurité, alors qu'en fait pas du tout !
Crème solaire sur le nez, Arva branché, appareil photo en bandoulière, nous voilà partis ! Nous descendons le glacier des Rognons que nous commençons à bien connaître maintenant, puisque c'est la 3ème fois que nous passons par là.
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| Jérôme est en panne de virage, ses skis ne tournent plus et il se rapproche dangereuse |
Sur le glacier d'Argentière, Seb croise le 1er groupe qui descend du glacier du Milieu. pas de chance, ce sont des "rosebeef" qui passent sans s'arrêter ! Heureusement, ils sont suivis d'un 2ème groupe plus sympa qui nous confirme qu'il fait bien chaud (même au sommet à 3900 m), qu'il n'y a pas de vent et que la neige dégèle bien.
Nous collons les peaux de phoque sous les skis et remontons en direction du refuge, 250 m plus haut.
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| Nous passons presque au pied de la face Nord des Droites |
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Le bassin d'Argentiè
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| Seb "avionne" en direction du Dolent ! |
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| Le refuge dont les fenêtres surplomben |
Le refuge est gardé seulement depuis une dizaine de jours et le gardien, tout seul, est un peu débordé entre la remise en état des installations, la gestion des clients, la préparation des repas ... des renforts sont donc dépêchés sur place. Ils arrivent en même temps que nous, héliportés par Pascal Brun en personne !
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| Livraison de pin-up par Chamonix Mt Blanc Hélicoptèr |
Il est 15h15, un peu tôt pour l'apéro. Et puis j'aimerais bien aller repérer le passage délicat du lendemain: un ressaut "mixte" en rocher et glace, qui défend l'entrée du couloir. Il faudrait être sûr qu'on pourra le franchir car ce serait un peu idiot de monter jusqu'au pied du couloir pour se trouver bloqués là. Nous poursuivons donc jusqu'au sommet de la moraine d'où on pourra l'observer aux jumelles. Si on juge l'obstacle infranchissable, demain matin nous partirons directement par l'itinéraire "normal" du glacier du Milieu.
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| En montant, nous observons le Capucin des Rouges du Dolent qui émerge du glacier, sous la Point Kurz, puis vers la droite, les Aiguilles Rouges du Dolent, et le Mt Dolent |
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| Et voilà ce qui nous attend demain: le couloir en Y ... |
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| ... dont l'entrée est défendue par une rimaye plutôt bien bouchée et un double ressaut mixte (rocher et glace) |
Après discussions, ça nous paraît jouable. Seb est hésitant, il aimerait bien être certain que ça passera. Jérôme et moi sommes confiants, mais de là à être sûrs ... ? En montant nous avons croisé deux alpinistes qui nous ont dit qu'ils étaient passés il y a 15 jours, et qu'il y a un relais en place en rive droite. C'est un renseignement précieux, qui nous permettra de poser un système d'assurage sans devoir trop chercher ou bricoler un ancrage nous même. La décision est prise: on y va !
Je fais encore quelques photos:
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| L'Aiguille du Refuge, élégante, élancée, splendide, que j'avais déjà photographiée le 14/01/2011: |
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| Il y avait beaucoup plus de neige à cette époque. La faute au vent qui a soufflé très fort cette année, et qui a balayé la neige qui était pourtant tombée en abondance cet hiver ! |
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| Chaos de glace et de neige, séracs et crevasses, contre granite aux couleurs chaudes, aux lignes presque géométriqu |
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| 16h30, les ombres s'allongen |
De retour au refuge, nous assistons à une nouvelle rotation d'hélicoptère:
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| Un sérac encore en équilibre sur la calotte de l'Aiguille Verte |
Au refuge, après avoir mis à sécher les chaussures, chaussettes et peaux de phoques, nous nous installons dans la grande salle à manger, dont les immenses fenêtres font face aux parois Nord des Droites et de l'Aiguille Verte. Pour patienter jusqu'à l'heure du repas, Jérôme nous offre de nous réhydrater par différents moyens: bière, puis chocolat chaud au rhum pour Seb, et vin chaud pour moi. A l'avenir je lui conseillerai plus souvent de faire farter ses skis en magasin !
S'ensuit un vrai repas de montagnard, et fort bon: 2 assiettes de soupe aux légumes, et 3 assiettes de chili servi avec du riz très collant. Seb et Jérôme ont calé à la 2ème assiette, sûrement à cause du chocolat chaud avalé peu de temps avant !
Le lendemain matin, réveil à 4h30, pour un départ vers 5h40. Le regel nocturne a été fort, la neige est dure, nous utilisons les couteaux dès le départ.
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| 6h15, la nuit cède du terrain à l'aube |
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| 6h45: lever de soleil sur la Verte |
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| Une longue ascension commence |
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| Col Armand Charlet (3998 m), Grande Rocheuse (4102 m), Aiguille Verte (4122 m) |
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| 7h00: le soleil éclaire la pente NNE des Courtes, essentiell |
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| L'ombre portée de l'arête dentelée sur la glace grise de la voie des 2 Gabarrou |
Enfin, vers 7h20, nous arrivons au pied du couloir en Y:
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| 7h20: les 1ers rayons du soleil réchauffent les parois qui bordent le couloir en Y |
La rimaye franchie, Seb et moi prenons la même photo:
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| Au pied des Courtes (à gauche) le glacier est à 2850 m, le sommet à 3850m, le sommet des Droites est à 4000m, la base de l'éperon Tournier est à 2800 m, soit une paroi de 1200 m de hauteur ! |
Puis je range l'appareil photo, et m'attaque aux choses sérieuses ! Jérôme, vâché (désolé pour les termes techniques, ça veut dire qu'il est attaché !) sur un piolet profondément enfoncé dans la neige dure, m'assure avec la corde. Un piolet dans chaque main, crampons aux pieds et skis sur le sac bien sûr, j'escalade assez facilement les 3 marches d'escalier recouvertes de 15 cm de glace. Arrivé sur la petite pente de neige entre les deux ressauts, je lève les yeux vers la gauche et aperçois tout de suite l'anneau de cordelette passée dans un piton, qui semble assez vieux, mais solide, bien enfoncé dans le rocher. J'y passe une sangle et m'y attache. Un mousqueton, un 1/2 cabestan, et je fais monter Jérôme, qui à son tour fait venir Seb pendant que j'avale le second ressaut en contournant le passage en glace par les rochers faciles de la rive gauche. Après une courte pause, je retraverse pour revenir en rive droite me vacher sur le relais suivant (une grosse sangle bleue avec un maillon rapide + un anneau de corde rose un peu usé). Je répète la manoeuvre pour faire monter Jérôme (qui choisit de passer par les rochers + difficiles de la rive droite en se hissant sur la corde, peut-être pour éviter la traversée juste au dessus de la glace et un éventuel pendule en cas de glissade), puis Seb qui passe comme moi en rive gauche, rejoint les grosses et belles traces (de vraies baignoires) dans l'axe du couloir, se détache et attaque tout de suite la longue remontée du couloir, pendant que je plie et range la corde et que Jérôme ré-installe ses bâtons sur son sac. Seb est déjà bien plus haut que nous lorsque nous partons à sa poursuite:
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| 9h35: le ressaut mixte au pied du couloir est derrière nous, et c'est parti pour 600 m de couloir ! |
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| Seb mitraille ! |
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| Des tours de granite somptueuse |
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| Seb repart ! |
Remonter ce couloir va nous prendre environ 2h (un peu moins pour Seb) inoubliables. Le décor est grandiose avec ces tours de granite aux couleurs chaudes juste au-dessus de nos têtes, la vue plongeante sur le glacier tout en bas, et le bassin d'Argentière au loin, qui semble perdre de l'altitude à mesure que nous en gagnons. Petit à petit, les Grandes Jorasses apparaissent derrière l'arête des Rochassiers, et le Mt Blanc aussi derrière les Droites.
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| Les piliers de l'arête de Jardin, en rive droite |
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| Un fil d'Ariane tout blanc qui nous conduit tout en haut de ces cathédrale |
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| Ce paysage est un véritable rêve de gosse |
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| Jérôme en contrebas |
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| Lignes verticales ... |
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| ... et horizontal |
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| Plus on s'élève plus le paysage devient grandiose. Les Grandes Jorasses apparaisse |
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| Le casque blanc de Jérôme en contrebas |
Au "carrefour" du Y nous continuons tout droit, dans la branche de droite car celle de gauche est tout aussi raide et chauffe au soleil depuis un bon moment déjà. La sortie se rapproche doucement, la pente est raide mais la trace excellente nous facilite énormément les choses, on monte presque sans fatigue ! J'aperçois les quelques rochers qui barrent la sortie du couloir, et la tête de Seb qui dépasse juste au-dessus et qui me dit avec son accent du sud-ouest "c'est bon, l'arête est facile". Je crie à Jérôme derrière moi "ça y est, on y est, c'est les derniers mètres !".
Un peu de gymnastique pour se hisser sur le dernier rocher, et ça y est, je sors sur l'arête, à un petit col entre l'Aiguille d'Argentière à gauche et Flèche Rousse à droite.
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| Sur l'arête devant le sommet de Flèche Rousse, Jérôme ne peut détacher son regard du panorama |
Depuis l'arête le panorama est époustouflant:
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| De gauche à droite: Tour Noir (3835 m), Dolent (3823 m), Triolet (3870 m), puis les Courtes, les Droites et la Verte, en arrière plan les Grandes Jorasses |
Quelques vues depuis le sommet:
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| Le glacier et la rimaye au pied de la NNE des Courtes |
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| Le Mt Blanc derrière l'arête des Droites |
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| L'aiguille Verte et sa calotte de glace qui glisse inexorable |
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| Les 3 grandes faces Nord: Courtes, Droites, Verte. |
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| De l'autre côté, le Cervin ! |
Au sommet, on déguste nos sandwichs, puis, en attendant que le soleil fasse son oeuvre sur la neige gelée du versant Ouest, nous piquons un petit roupillon réparateur, confortablement adossés à un rocher.
14h30, c'est l'heure ! La neige est dégelée en surface, mais le fond dur (et même très dur) est encore bien présent. Dommage, les grandes courbes dans le 45° ce sera pour une autre fois. Peut-être aurait-il fallu attendre une heure de plus ?
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| L'itinérai |
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| Jérôme en action |
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| On skie en "petite" polaire dans un véritable four ce 16 mars 2012 |
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| Déjà 600m descendus, il en reste 2050 jusqu'au parking |
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| Seb explique à son beau-frère les avantages de la technique du "virage sauté" !!! |
Ensuite, quelques pentes douces pour retomber sur le glacier d'Argentière que l'on traverse pour rejoindre l'ombre rafraichissante de sa rive gauche que l'on suit jusqu'au pied du col des Grands Montets à la moraine des Rognons (2560 m). Là, on retrouve le hors piste classique et fréquenté puis la piste hyper fréquentée vers 2000 m, à un point tel que c'en est réellement stressant. Et arrivée au parking à 16h50, pour conclure une vraie belle grande journée en haute montagne.
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