dimanche 15 juillet 2012

Aménagement du fourgon: suite

Je profite de la météo quasi automnale de ce week-end de juillet pour continuer l'aménagement du fourgon: j'attaque l'isolation du plafond.
J'ai trouvé en Allemagne, chez supermagnete.fr, des aimants ronds possédant en leur centre, un trou biseauté !

Bref, des aimants que l'on peut aisément visser, sur des tasseaux par exemple.

Ce qui va me permettre de "poser" relativement facilement, au plafond, mes 3 couches d'isolant mince et souple (pour amortir les coups de tête dans le toit !)


La couche d'isofeutre est maintenue au plafond par les tasseaux aimantés

Pour visser le dernier tasseau, j'ai réutilisé les vis et les "trous filetés" qui servaient à maintenir la cloison de séparation.
Vont venir s'ajouter, dans les tout prochains jours, une couche d'XLBULLES, et une couche de liège, agrafées sur les tasseaux.


mardi 10 juillet 2012

Fleurs des Alpes

Voici ma petite collection de fleurs de montagne:
Cliquez sur les liens ou sur les photos pour accéder aux galeries de photos et aux diaporamas.
Attention, certaines des ces fleurs sont PROTEGEES, les cueillir est interdit et peut valoir de lourdes amendes !


   - Commençons par la plus emblématique de l'Alpe: l'Edelweiss.

Celle-ci fut photographiée non loin du refuge Félix Faure

Jusqu'à présent je n'en ai trouvé qu'en Vanoise, entre Pralognan et Champagny.
La 1ère fois c'était en septembre 2008, en descendant du chalet des gardes, en direction du lac des Vaches, sur le bord du sentier.
La seconde fois c'était en parcourant l'arête Est de la Pointe de Méribel (celle qui part en direction de la Becca Motta), en septembre 2009.
 

   - Parmi les plus courantes, on trouve les Centaurées



 
et les Gentianes.



   - La Joubarbe est aussi monnaie courante:



   - Et les Renoncules pullulent dans les zones humides:



   - Dans les zones calcaires, il faut prendre garde de ne pas marcher sur les minuscules Myosotis:


   - Ou sur une touffe d'Androsaces, que semblent particulièrement apprécier les papillons:


 Comme ici, dans le vallon du Clou, ou là autour du lac d'Anterne.


   - On peut aussi rencontrer la Crépide Dorée:



   - Plus rares maintenant: la Linaria Alpina (Linaire des Alpes) ou Gueule-de-Lion, ou encore Muflier:
Celle-ci a été photographiée sur la moraine du glacier de Tré la Tête, en montant au refuge des Conscrits

   - Le Lys Martagon:

Celui-ci se trouve sur le secteur de Champagny, tout près de la cascade du Laisonnay d'en Haut

   - Le Lys Orangé:

Le lys, emblème de la royauté ! Celui-ci se trouve près de la Tête de Louis-Philippe ! (et ce n'est pas une blague !)

   - Le Pédiculaire Arqué:

Ceux-ci ont été photographiés sur la moraine du glacier de Tré la Tête, sous le refuge des Conscrits

   - La Phalangère à Fleur de Lys:

Vue dans les alpages ensoleillés du Val Veny

   - La Silène Dioïque:

Photographiée près du lac de Flaine

   - La Grande Astrance

Photographiée près du Mont Aiguille


Pour savoir les noms des fleurs de montagne, les rechercher (notamment d'après leur couleur), apprendre leur nom latin, savoir à quelles altitudes elles poussent, les dates de floraison ... bref, pour ne plus rien ignorer de la flore alpestre, un seul site: "Flore Alpes.com"

Avec l'écusson savoyard: 361 fleurs en 1082 splendides photos: "Haute Savoie photos"


vendredi 29 juin 2012

Balade sur l'arête des Dômes de Miage

Content ! Heureux !
Encore une belle course en haute montagne bien réussie, avec les amis Seb et Jean Louis. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance: Seb avait mal aux dents, Jean Louis ne pouvait plus utiliser son bras droit suite à une mauvaise chute sur l'épaule lors d'un entraînement au trail ! Quant à moi, j'avais très vite trouvé les limites de mon endurance lors de notre précédente sortie au Tondu: la remontée au col d'Enclave avait été une longue agonie, et j'avais du piocher dans les réserves avant de sombrer dans une sieste réparatrice. Je nourrissais donc quelques inquiétudes quant à ma capacité à suivre les deux trailers fous tout au long des 2600 m de l'ascension (sur 2 jours) des Dômes de Miage, et de la longue descente d'une seule traite depuis le sommet à 3660 m jusqu'au parking de Notre Dame de la Gorge.
 Heureusement, nous avons su réunir tous les éléments qui conditionnent la réussite: pour ma part, j'ai enfin trouvé les chaussettes miracles, à la fois douces avec des bouclettes moelleuses, et pas trop épaisses pour ne pas comprimer les orteils, et j'ai encore considérablement allégé mon sac en choisissant délibérément une configuration short + collant (qui a déclenché quelques quolibets de la part de mes équipiers mais tellement efficace sur le terrain !) en lieu et place du traditionnel pantalon d'alpinisme trop lourd et surtout trop chaud, et en oubliant (très involontairement) gants et coupe-vent ! J'ai aussi trouvé LE petit encas qui permet de repartir du bon pied: de la pâte d'amande au cacao, en barre de 250g ! Jean Louis aussi est parti en "mode light": pas de baudrier et pas de frontale ! Mais c'est surtout sa longue expérience des efforts de très longue durée, sa capacité à gérer la souffrance, et sa vista qui lui ont permis de se jouer de la neige, du vent et de l'altitude, et de faire d'une course en haute montagne avec un seul bras une véritable promenade de santé ! Quant à Seb, il a su utiliser sa volonté de fer et sa fierté d'homme du sud pour transformer sa rage de dents en une rage de vaincre irrésistible qui l'a magistralement propulsé au sommet.
 Surtout, et plus sérieusement, nous sommes partis avant que la chaleur ne tombe sur la montagne: à 9h, nous étions sur la voie romaine, en face de la chapelle de Notre Dame de la Gorge.


 Nous sommes donc montés dans une relative fraîcheur, le long du torrent, dans un décor des plus champêtres.


Les parfums d'un futur beaufort, ou reblochon ?
 Nous avons franchi sans encombres le "Mauvais Pas", escaladé le passage raide de "Tré la Grande", Seb et Jean Louis par les rochers de la rive droite, et moi beaucoup plus classiquement par le glacier. Enfin, les lacets du sentier de la moraine nous ont permis d'arriver au refuge des Conscrits à 15h15, pour Seb et Jean Louis, 15h30 pour moi, car j'ai pris la liberté de m'arrêter un instant pour photographier les charmantes linaires des Alpes et autres pédiculaires qui égayaient le bord du chemin !

Linaria Alpina (linaires des Alpes)
Aussi appelées Muflier, ou bien Gueule-de-lion des Alpes
Pedicualris Gyroflexa = pédiculaires arquées (ou de Kerner ?)
 Une fois les sandwichs dégustés sur un rocher, nous avons pris le temps d'aller vérifier le confort des matelas du refuge, ce qui fut sans aucun doute la véritable clé de la réussite ! La petite sieste réparatrice permet de bien compenser l'heure de départ très matinale du lendemain, de bien reposer les jambes et de détendre les muscles avant même le repas du soir. Le dîner lui aussi est très important pour "refaire le plein": en refuge il est toujours copieux: soupe de légumes accompagnée de tomme (pour se réhydrater), crozets (pour les sucres lents, 3 assiettes c'est absolument VITAL) et viande blanche pour éviter les toxines + un petit dessert.
 Nous passons la soirée en terrasse, face au Tondu, à écouter un guide parler à ses clients de base jump, depuis sa tendre enfance où il sautait dans un tas de foin depuis le toit de la grange, armé d'un parasol, jusqu'aux derniers sauts qui ont eu lieu très récemment au Brévent, de la folie pure !

Lumière du soir sur Tré la Tête
et sur le Tondu, depuis la terrasse du refuge

 Le jour J: réveil à 3h15 ! Petit déjeuner les yeux mis clos. Puis descente dans le hall d'entrée pour s'équiper. On découvre avec stupeur que Jean-Louis n'a ni baudrier ni frontale ! Depuis que je suis expatrié dans le 74, il y a parfois du flottement dans la préparation matérielle des courses en montagne !! Mais ce n'est pas bien grave: je bricole un simili-baudrier avec une sangle, ce n'est pas très confortable, en cas de chute dans une crevasse ça peut entraver un peu la circulation sanguine dans les jambes, mais d'une manière générale, lorsque j'ai le moindre doute sur la solidité d'un pont de neige, soit on cherche un autre passage, soit on fait demi-tour, donc pas d'inquiétude. Et puis en marchant entre Seb et moi, Jean-Louis pourra se passer de lumière: Seb éclairera à l'avant, et de l'arrière, je dirigerai le faisceau de mon "phare" dans ses pieds ! On marchera ainsi, bien groupés, jusqu'au glacier où il est prévu qu'on arrive avec les premières lueurs du jour. On pourra donc s'encorder (et s'espacer) et ranger les frontales dans le sac !
 4h15: top départ. Nous ne sommes pas seuls à marcher en direction du col Infranchissable. Seb et Jean Louis sont maintenant bien réveillés, ils impriment un rythme assez soutenu et nous rattrapons rapidement les groupes partis quelques minutes avant nous. Un peu avant de prendre pied sur le glacier, nous chaussons les crampons et nous nous encordons. La température est plutôt douce, le regel inexistant, mais la neige de névé porte assez bien, nous n'enfonçons pas trop.

6h10; l'aube sur le Goûter
 A 6h55 nous débouchons sur l'arête au col des Dômes. Le vent devient mordant.

6h50 au col des Dômes
Il souffle un petit bisolet !
Jean Louis suivi de près par une cordée de 3. A l'arrière plan: Bionnassay, Goûter, Mt Blanc
 
Encore quelques pas et nous sommes au 1er sommet pour découvrir la vue sur la fameuse arête des Dômes, celle qu'on peut admirer dans de nombreuses vitrines de St Gervais.

7h07: la mythique arête des Dômes de Miage sort de la pénombre

Derrière nous: de Tête Carrée à Tête Blanche
 Soudain, le soleil passe au-dessus du Mt Blanc et vient réchauffer la pente S-E des Dômes. Nous sommes pile à l'heure au rendez-vous, on a tous les trois les mêmes yeux écarquillés que les gamins devant les cadeaux sous le sapin de Noël.



7h08: le tout premier rayon de soleil. Et personne encore sur l'arête !

Mais on se fait rapidement doubler !
 Nous nous détachons. L'arête est en neige, il n'y a pas de glace, chacun de nous possède l'aisance et l'assurance nécessaire pour avaler cette arête sans tomber. A cette heure, dans la lumière du petit matin, ce chemin suspendu entre terre et ciel est véritablement envoûtant. Pendant un vingtaine de minutes nous marchons ainsi, fouettés par le vent, baignés dans la lumière rasante du soleil, au sommet d'une pente fuyante d'une blancheur éclatante qui contraste avec le vert des alpages 1500 m plus bas.
Vue plongeante depuis le sommet, sur l'aiguille de la Bérangère, 250 m plus bas
Le Mt Blanc, derrière nous
 Nous ne nous attardons pas au sommet. Il est 7h30, il fait encore frisquet, et la descente s'annonce longue. On s'encorde  à nouveau pour descendre la partie supérieure du glacier d'Armancette. Sur ce versant Ouest la neige est pourrie: une croûte cassante recouvre une épaisse couche de "soupe" assez humide. Heureusement la pente est déjà bien tracée: une cordée de 3 nous précède et nous croisons d'autres cordées qui effectuent la traversée dans l'autre sens, pour aller probablement au refuge Durier et tenter ensuite le Mt Blanc le lendemain. Nous arrivons rapidement au col, puis au sommet de la Bérangère.

Le col de la Bérangère
 

Un coup d'oeil en arrière
Seb et Jean Louis escaladent les derniers mètres en rocher, sous le sommet de l'Aiguille de la Bérangère
 

Une partie de la descente du Dôme Sud de Miage au col de la Bérangère
 Je range définitivement la corde dans le sac. Maintenant, il n'y a plus de glacier (ou presque), plus de crevasses, plus d'arêtes, juste 2500 m à descendre !
 Du sommet au refuge, les névés en pente douce nous permettent de perdre de l'altitude rapidement et sans effort. Nous courons presque, la neige juste ramollie amortit les chocs, et nous autorise parfois de belles glissades (dont une sur le ventre pour Seb qui s'est fait piéger par la sous-couche dure dans une portion plus raide). A 10h00 nous sommes de retour au refuge des Conscrits. Il est trop tôt pour le casse-croûte. D'un commun accord, on décide de filer jusqu'au refuge de Tré la Tête pour se restaurer. La moraine est descendue au galop dans un grand nuage de poussière. On atterrit sur le glacier, en glace vive. On rechausse les crampons, jusqu'aux petits névés qui résistent encore. Hier nous avions franchi une petite crevasse, d'un bond agile. Aujourd'hui cette crevasse s'est élargie, et surtout, tout un pan de neige s'est affaissé et laisse entrevoir un trou TRES profond, au fond duquel on entend couler les eaux de fonte du glacier. Pas d'hésitation, il est hors de question de s'aventurer sur ce névé visiblement fragile, il faut trouver un itinéraire bis ! Je contourne la crevasse par la gauche, en marchant sur la glace recouverte de quelques cailloux. Le sentier du Mauvais Pas est remonté ventre à terre et à 12h15 nous sommes au refuge de Tré la Tête. Et là, c'est la déception: nous arrivons trop tard, il n'y a déjà plus de crumble pomme-banane ! Tant pis, nous nous contenterons de la "Salade Tré la Tête" très complète et copieuse !
Nous repartons aux alentours de 13h20 pour dévaler les 760 derniers mètres de descente en 1h15 !



A noter que le cheminement sur la moraine puis sur le glacier devenant dangereux, un nouveau sentier est en cours d'aménagement: vidéo sur TV Mountain.

dimanche 24 juin 2012

Le tour du Tondu

On a pas réussi à atteindre le sommet, alors on a "tourné autour" !!
Départ à 5h40 du parking des Lanchettes, à 1970 m, au bout de la route des Chapieux. Objectif: le Tondu (ou à défaut le Pain de Sucre du Tondu), par le col du Tondu puis l'arête N-E, cotée PD (Peu Difficile). En fait la partie la plus compliquée (arête étroite et aérienne) se situe entre le Pain de Sucre et le véritable sommet du Tondu.
Une boucle d'environ 10 km pour 1600 m de D+

Au départ, nous échangeons quelques mots avec Christian, l'icône savoyarde de skitour, plus connu sous le pseudo de "Véloski". Deux de ses amis ont passé la nuit au bivouac d'Estelette pour escalader l'arête S-E de l'aiguille des glaciers. Il a rendez-vous avec eux au sommet du Dôme de neige et part avec les skis sur le sac, pour sans doute la dernière sortie de la saison.

Le sentier est assez raide et nous prenons rapidement de l'altitude. Seb qui court beaucoup en montagne, ne lambine pas. Hors de question de s'allonger dans l'herbe pour photographier les petites fleurs ! Heureusement, de temps à autre il s'arrête pour boire une ou deux gorgées. J'en profite pour me retourner et mettre en boîte un joli banc de brume matinale.
Il est 6h20, le soleil arrive au Col de la Seigne
Nous atteignons les premiers névés en neige bien dure, puis la moraine du glacier des Lanchettes, et enfin le pied du col du Tondu, aux alentours de 7h20. Vu de face, ce col se présente comme un véritable mur et si nous n'avions pas tous les deux regardé de nombreuses photos sur internet, nous pourrions penser que nous n'arriverons jamais à l'escalader. En fait l'impression est trompeuse. Il suffit de s'en approcher par le côté et de le voir de profil pour se rendre compte qu'il n'est pas si raide que ça, et qu'une belle vire très confortable permet de s'élever en douceur, d'autant plus sereinement et sans avoir à chercher l'itinéraire, que des câbles sont installés sur toute la longueur du passage.
Une cordée nous précède sur cette vire: en réalité, "c'est rando" !
Deux alpinistes attaquent l'ascension du col, ils sont sur la droite, un peu au-dessus du névé.
7h35: c'est au tour de Seb de s'élancer sur la vire:
En fait, le danger vient du câble lui même: par endroits, il est effiloché et on se blesse facilement les doigts si on le garde en main pendant que l'on avance.
Une petite vidéo pour constater que Seb se balade, une vraie promenade de santé !

8h, nous sommes au col, et au soleil, la vue se dégage et nous pouvons observer la suite de l'itinéraire. L'arête ne parait pas bien méchante. Nous pourrions facilement descendre quelques mètres pour prendre pied sur le glacier du Tondu, mais cette arête ne nous fait pas peur !
Seb grimpe sur un tas de cailloux !

Le cheminement est facile à trouver. En fait ça passe bien un peu partout. Ce n'est pas une arête fine et aérienne (du moins pas encore) et on peut progresser quelques mètres en contrebas ou plus près du fil de l'arête, au choix de chacun. Un petit ressaut nécessite 2 ou 3 pas d'escalade facile puis nous atteignons une pente de neige, déjà tracée. La pente est orientée à l'Est et la neige est déjà un peu ramollie. Nous ne chaussons pas les crampons, le piolet sera suffisant.
Nous approchons de l'antécime
A 9h nous sommes au Pain de Sucre. Seb tient absolument à tenter d'aller au vrai sommet. Nous nous engageons sur l'arête, mais rapidement nous tombons sur un passage "en rasoir", avec pas mal de "gaz", de chaque côté. Nous n'avons pas une accoutumance au vide suffisante, ni une technique d'encordement sur arête assez éprouvée pour franchir cet obstacle. Je connais la théorie: "il suffit" de passer la corde de l'autre côté des becquets rocheux, mais je ne possède pas la pratique et sur ce passage, il ne faudrait pas se louper ! Après quelques hésitations, nous décidons le demi-tour et revenons au Pain de Sucre où nous voyons arriver un "ancien". Un véritable personnage surgit tout droit des années 40 ou 50 ! Il a peut-être bien 70 ans (ou 65 au bas mot !), et son équipement semble avoir le même âge que lui: chaussures "old school" à semelles trop souple pour pouvoir être cramponnables (en tous cas pas avec les crampons d'aujourd'hui), 2 paires de chaussettes (une rouge montant jusqu'aux genoux + une autre blanche à la cheville), knickers de laine, chemise (certainement de ces vieilles chemises qui grattent horriblement), pull en laine et sac à dos en toile aussi large que haut. Un anachronisme ambulant. Il se dirige tout droit et sans hésitation, sur le passage "du rasoir". Combien de fois l'a-t-il déjà franchi ? 10 fois ? 20 fois ? Peut-être bien plus ! A cet instant, la cordée qui nous précédait redescend du sommet et se présente à l'autre extrémité du passage aérien et exposé, elle s'y engage en marchant quelques dizaines de centimètres sous le fil de l'arête, versant Est. Eux ont tout l'équipement moderne: vêtements techniques, casques, corde, piolet ... Notre "ancien" s'engage lui aussi dans le passage, mais par le versant ouest. Il croise la cordée "contemporaine": j'enrage d'avoir été tellement "scié" et bluffé que j'en ai totalement oublié la photo ! Il marche nonchalamment, sans doute sur une petite vire que nous n'avions pas vue, en posant une main sur le rocher. A le voir avancer, on croirait qu'il y a une véritable route ! Le temps d'avaler un "tube" de compote et le voilà au sommet, quelques secondes, sa silhouette se détache sur le ciel, comme à la grande époque de l'alpinisme: un pied sur un rocher, la main opposée sur la hanche !
Serons-nous toujours capables, Seb et moi, dans 25 ou 30 ans, de remonter là haut ?

Après ce moment d'anthologie, je prends tout de même quelques photos de paysage:
Col Infranchissable, Dôme du Goûter, arête des Bosses, Mt Blanc
Lacs Jovet, Aiguilles de la Pennaz
Les mêmes que précédemment, mais avec le sommet de Bionnassay tout à gauche
Le sommet du Mt Blanc
La vue panoramique
 10h: Nous chaussons les crampons et Seb entame la descente de l'arête Nord, en neige.
A 11h nous atteignons le passage délicat et exposé. Au printemps dernier, en ski, cet endroit ne posait aucun problème.
Mais aujourd'hui, la neige a fondu, l'eau ruisselle partout, formant plusieurs petits torrents, et le passage étant encore à l'ombre, de nombreuses pierres sont encore recouvertes d'une fine pellicule de verglas. Sans doute le passage le plus délicat de toute la journée !
Un peu plus bas nous assistons médusés à une poursuite de marmottes, elles ont littéralement "débaroulé" comme on dit à St Etienne une petite barre rocheuse pour continuer à se courir après sur le névé ! Là encore j'ai totalement oublié le "réflexe-photo" !

J'aurais bien cassé la croûte au bord d'un des lacs Jovet mais Seb préférait monter les 500 m du col d'Enclave avant de manger ! Nous avons donc coupé un peu dans la pente en dévers, sans descendre jusqu'aux lacs.
Primevères hirsutes (ou visqueuses), nom scientifique: Primula Hirsuta
 Cette montée au col d'Enclave est très raide et fut véritablement très pénible pour moi et je suis arrivé complètement exténué. Les sandwichs rapidement avalés, nous nous sommes offerts 30 minutes de sieste au soleil !
Depuis le col d'Enclave, vue sur les lacs Jovet
Pour la suite de cette balade, j'avais prévu de continuer par le col de la Grande Ecaille, mais pour rejoindre ce col, il faut passer par une petite pente en dévers qui domine une barre rocheuse. La sente n'y est pas très marquée et surtout, la neige n'a pas encore complètement fondu dans cette pente, rendant le passage (déjà exposé par nature) un peu trop tendu à notre goût.
Nous cherchons un itinéraire bis. Seb me demande si j'ai la carte. Evidemment, par soucis de légèreté, je l'ai laissée dans le fourgon. MAIS, je l'ai tout de même potassée avant de partir. Je sais
1- que la carte IGN n'indique pas d'autre chemin que celui du col de la Grande Ecaille (en pointillés rouges)
2- que la combe de Bellaval où nous nous trouvons est semée de petites barres rocheuses,
3- ma longue expérience d'abord de VTTistes des bois puis de randonneur en montagne m'a enseigné que les cartes IGN ne sont pas toujours justes et exactes, voir qu'elles sont souvent obsolètes,
4- nous nous trouvons sur un itinéraire qui peut être une variante du Tour du Mont Blanc, donc potentiellement très fréquenté,
5- j'ai tout ce qu'il faut dans le sac pour pouvoir éventuellement poser un rappel de 22 m.
Nous décidons donc d'aller voir ce que l'on peut voir depuis un petit promontoire situé à quelques pas au sud du lac d'Enclave. (Qui ferait d'ailleurs un splendide emplacement de bivouac !): La suite est prometteuse: quelques névés en pente douce qui rendent la marche facile et agréable et la descente assez rapide, et d'autres petits promontoires. Seb aperçoit un panneau, et moi des cairns énormes ! C'est bon signe. Les panneaux indiquent la direction du col de la Grande Ecaille à l'Est (zut, c'est le chemin qu'on ne veut pas prendre) et de Maisons Longe à l'Ouest, nom qui ne nous évoque rien ! Nous ne voulons aller ni à l'Est, ni à l'Ouest, nous voulons aller au Sud, vers le bas ! Dans cette direction, il n'y a pas de panneaux, mais il y a des cairns. Qui nous guident très efficacement et nous permettent de trouver un excellent cheminement au milieu des petites barres.
Si bien que nous arrivons rapidement aux chalets de Bellaval, non pas sur un tapis rouge, mais sur un tapis vert, clairsemé de blanc et de jaune.
Le col de la grande Ecaille à gauche
Le cirque de Bellaval; barres rocheuse, cascades ... et un chemin au milieu
Ca me rappelle un très vieux fond d'écran Windows !!!
 Et voilà, encore un peu de marche en dévers dans les prés pour couper les lacets de la route et nous rejoignons le parking des Lanchettes aux environs de 16h15, 10h30 après en être partis ! Encore une belle banbée !